Accompagnement aux cultures et usages numériques pour les structures d’insertion (MAJ)

Formation aux usages numériquesC’est l’histoire de trois éléphants et une souris, avec du TICA dedans…

Au début…

En 2011, je rencontre la FNARS PCD (Fédération Nationale des Associations de Réinsertion Sociale, régions PACA Corse Dom). Au départ, une envie personnelle de découvrir le monde des travailleurs sociaux et des publics éloignés. Et une évidence : les usages sont des liants quotidiens entre les pros du secteur et leur public et le numérique est transversal, donc il y a forcement des choses à faire ensemble.

S’en suivent de nombreuses rencontres, des visites de structures type CHRS, CADA et autres acronymes qui ne font que confirmer que le numérique n’a pas le monopole du charabia technique, puis petit à petit une action qui se précise : une formation sur les usages numériques, à destination des travailleurs sociaux, impliquant des animateurs multimédia (et donc Arsenic et le Service Innovation Économie Numérique de la région PACA).

Déroulé

Le temps de réfléchir, échanger et écrire à plusieurs mains et nous voici en 2013, avec le déroulé suivant :

  • Phase Expérimentation –  juin-juillet 2013 : 2 structures, HPF (Hospitalité Pour les Femmes) à Marseille et la Chaumière à la Roque-d’Anthéron ont accepté d’être les bêta-testeurs de cette formation. Nous l’avons construite ensemble et mise en place sur 3 jours. Elle est financée par un OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé). Les retours d’expérience et enseignements de cette première étape servent de base à la préparation de la phase pilote.
  • Phase Pilote – (maj) courant 2014 : une dizaine de structures d’insertion sociale et autant d’ERIC (Espaces Régionaux Internet Citoyen) expérimenterons cette formation. Avec la FNARS et Arsenic, nous coordonnerons cette phase pilote en préparant les animateurs aux spécificités de l’insertion sociale, en organisant les formations et en en documentant l’ensemble des actions.
  • Essaimage régional – fin 2014 : si l’expérience est concluante, toutes les structures d’insertion recevront une présentation de cette formation, la démarche à suivre (ERIC pour les formateurs et OPCA pour le financement), ainsi que la documentation sur les expériences précédentes pour « les mettre en appétit ». Les animateurs, quant à eux, recevront la liste des structures d’insertion sociale de la région PACA afin de leur proposer de mettre en place cette formation.
  • Essaimage national – ? : parce qu’il faut rêver un peu et parce que cela peut inspirer certains lecteurs de cette news, la suite du programme pour moi consistera à proposer un accompagnement pour la mise en place de cette formation auprès de toutes les FNARS régionales et réseaux de médiation numérique territoriaux.

Premiers constats après la phase d’expérimentation

Le constat premier est l’importance du pourquoi. Pourquoi le numérique me concerne ? Pourquoi devrais-je me l’approprier ? Cela questionne rapidement l’adulte, le parent, le citoyen, en plus du professionnel.

D’où le deuxième constat : la formation ouvre de telles possibles (les participants ont dit que cela leur avait donné le tournis dès la première moitié de la première journée) que l’usage du numérique à destination de leurs publics est vite passé à l’as. 3 jours n’étaient pas de trop pour commencer à s’approprier la question du numérique, ne serait-ce que pour soi.

D’où le troisième constat : cette formation n’est qu’une première étape pour qu’une structure – et plus généralement une filière professionnelle – s’approprie le numérique. Il faut envisager une deuxième formation, cette fois là plus orientée vers l’opérationnel, ou un accompagnement à maîtrise d’ouvrage. Il est essentiel toutefois que le temps du pourquoi ne soit pas écourté. C’est LA condition essentielle pour lancer un processus d’appropriation durable.

Par ailleurs, il s’est avéré tout aussi essentiel d’impliquer tous les corps de métier de la ou les structures. Direction, communication, technicien, en plus des travailleurs sociaux, c’est par cette approche transversale d’un sujet lui-même transversal que l’on peut espérer une appropriation et un essaimage au sein des structures participantes.

Reste une question pas du tout triviale : comment nommer cette formation ? Il s’agit d’une formation aux usages numériques (ce qui ne dit rien à personne), d’outillage intellectuel (trop vague). On y parle d’identités numériques, de réseaux sociaux, de veille, mais aussi de la mutation de la notion de vie privée, de la mutation des notions de propriété et de création, de l’horizontalité et du décloisonnement qu’induit le numérique et qui effrite l’organisation sociétale actuelle, jusqu’à notre cerveau qui ne fonctionne plus pareil, plus concentré sur la recherche d’information que sur son stockage. D’où un terme qui ressort des propositions de nom faites par le groupe en formation : « culture numérique ». En voici quelques propositions :

  • formation à la culture et aux usages numériques
  • les cultures numériques et leurs usages
  • pourquoi comprendre la culture numérique dans nos métiers
  • tu utilises le numérique et tu sais pas pourquoi ? non mais allô quoi !!! (on peut pas la garder celle là, il y a un copyright dessus :-))

Et vous, vous l’appelleriez comment ?

Et parce que tout cela n’aurait pas lieu sans précédent, autant en mettre un qui me tient à cœur, à savoir l’expérience de Zoomacom, inclus dans le widget Coraia 🙂

http://vimeo.com/15656120

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A propos Emmanuel Mayoud

Médiateur Numérique

2 réponses à Accompagnement aux cultures et usages numériques pour les structures d’insertion (MAJ)

  1. Ping :Formation aux usages socioculturels des jeux vidéo à la médiathèque l’Astrolabe - Emmanuel Mayoud

  2. Ping :conférence « Pourquoi comprendre les cultures numériques dans nos métiers ? » - Emmanuel Mayoud

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